Guide des logiciels libres

Guide des Logiciels Libres

Un logiciel libre est un logiciel qui respecte la liberté de ses utilisateurs : une fois obtenu, il peut être utilisé, copié, étudié, modifié et redistribué librement. Le mot « libre » porte sur la liberté, non sur le prix, un logiciel libre peut être vendu.

Les quatre libertés

La Free Software Foundation les a formulées et numérotées à partir de zéro, par tradition informatique.

La liberté 0 : exécuter le programme, pour n'importe quel usage, sans restriction de domaine ni de finalité. La liberté 1 : étudier son fonctionnement et l'adapter à ses besoins, ce qui suppose l'accès au code source. La liberté 2 : redistribuer des copies, pour aider les autres. La liberté 3 : distribuer des versions modifiées, pour que la communauté en profite.

Les libertés 1 et 3 exigent l'accès au code source : sans lui, elles sont théoriques. C'est ce qui distingue un logiciel libre d'un logiciel simplement gratuit, dont le code reste fermé.

Le copyleft

Certaines licences ajoutent une condition : toute version modifiée redistribuée doit être placée sous la même licence. C'est le copyleft, et il utilise le droit d'auteur pour garantir que les libertés se propagent plutôt que de disparaître dans un produit fermé.

D'autres licences, dites permissives, n'imposent pas cette condition : le code peut être intégré dans un logiciel propriétaire. Les deux approches répondent à des philosophies différentes, et coexistent depuis 40 ans.

Les licences courantes

La GNU GPL est la principale licence à copyleft fort : tout programme intégrant du code sous GPL et redistribué doit l'être sous GPL. La LGPL assouplit cette règle pour les bibliothèques. L'AGPL étend l'obligation aux logiciels utilisés à distance par un réseau, ce qui répond au cas des services en ligne.

Du côté permissif : la licence MIT, très brève, la licence BSD et la licence Apache, qui ajoute des dispositions sur les brevets. Il existe par ailleurs une licence publique de l'Union européenne, compatible avec plusieurs droits nationaux.

Un point pratique : mélanger des composants sous licences incompatibles est une source réelle de contentieux. La conformité des licences est devenue un métier dans les grandes entreprises.

Libre et open source

Les deux expressions recouvrent presque exactement le même ensemble de logiciels, avec une différence d'accent. Le mouvement du logiciel libre met en avant une question éthique : le contrôle de l'utilisateur sur son outil. Le mouvement open source met en avant un argument pratique : un développement ouvert produit un meilleur logiciel.

Cette différence a des conséquences réelles sur les débats internes, et aucune sur la licence des programmes.

Comment cela se finance

Puisque le logiciel peut être copié librement, la rémunération vient d'ailleurs. Plusieurs modèles coexistent et se combinent.

Le support et les services : une entreprise vend l'assistance, la garantie, la formation et l'intégration. Le double licenciement : le logiciel est disponible sous licence libre et sous licence commerciale pour ceux qui ne veulent pas des obligations du copyleft. Le service en ligne, où le logiciel est libre mais l'hébergement payant.

S'y ajoutent le financement par des fondations et des industriels, beaucoup de projets d'infrastructure sont soutenus par les entreprises qui en dépendent, et la commande publique, plusieurs administrations européennes ayant adopté des politiques de préférence au libre.

Ce que cela change concrètement

Pour un utilisateur, trois choses. L'absence de dépendance à un fournisseur : les formats sont ouverts, les données récupérables, et le logiciel survit à la disparition de son éditeur. L'auditabilité : le code peut être examiné, ce qui compte pour la sécurité et la confidentialité. Et la possibilité d'adapter : une administration ou une entreprise peut faire modifier son outil sans autorisation.

La contrepartie est réelle : la prise en main peut être plus exigeante, et le support n'est garanti que s'il est contractualisé. Pour un usage professionnel, c'est ce point qu'il faut arbitrer, plus que la qualité technique, qui, sur les grands projets, n'est plus discutée depuis longtemps.

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